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Miches
Miches est un bourg de pêcheurs et de cocoteraies posé sur la baie de Samaná, au nord-est du pays, longtemps resté à l'écart du tourisme parce que la route était mauvaise. Depuis l'ouverture d'un axe rapide depuis Uvero Alto, il est à une heure environ de Punta Cana, et deux grands complexes s'y sont installés. Le décor reste celui d'une côte agricole : montagnes vertes, lagunes, plages sans parasols et village sans trottoirs.
Pour qui, et combien de temps
Miches est fait pour ceux qui veulent la mer des Caraïbes sans l'urbanisation de Bávaro, et qui acceptent en échange un choix limité de restaurants, des routes secondaires en mauvais état et peu de services. Le paysage est le meilleur argument : c'est l'un des rares endroits du pays où des montagnes de 600 mètres tombent presque directement sur la plage.
Deux publics s'y retrouvent. D'un côté les clients des complexes récents, qui cherchent un tout compris moderne dans un environnement moins bâti et qui ne sortiront presque pas du domaine. De l'autre les voyageurs indépendants, souvent en voiture de location, qui viennent pour Montaña Redonda, les lagunes et les plages désertes, et logent dans de petites structures.
Deux à quatre nuits suffisent pour l'essentiel. Miches s'insère très bien dans un itinéraire reliant l'est à la péninsule de Samaná : Punta Cana, Miches, puis Sabana de la Mar et le ferry vers Samaná, une logique développée dans notre itinéraire Punta Cana et Samaná. En saison des pluies, de mai à novembre, prévoyez des journées plus courtes : les averses de fin d'après-midi sont fréquentes sur ce versant.
Que voir et que faire
Montaña Redonda est le site le plus connu : une colline isolée d'environ 300 mètres, à une quinzaine de minutes du bourg, d'où l'on embrasse la baie de Samaná, la lagune Redonda et la lagune Limón. Au sommet, des balançoires, des hamacs et des chaises face au vide ont été installés pour la photo. On y monte en camion 4×4 depuis le pied de la colline, quelques centaines de pesos par personne en 2026, entrée du site en sus. Le lever et le coucher du soleil sont les meilleurs moments ; à midi, la lumière est dure et la fréquentation maximale.
Côté mer, Playa Esmeralda déroule plusieurs kilomètres de sable devant les nouveaux complexes, avec un récif à quelque distance qui calme la houle sur une partie de sa longueur. Plus à l'est, Playa Limón est une plage sauvage bordée de cocotiers, sans aucun aménagement, où la baignade est franchement déconseillée par endroits à cause des courants. Juste derrière s'étend la lagune Limón, zone humide protégée que l'on parcourt en barque avec un guide local : hérons, ibis, mangrove, et souvent personne d'autre.
L'arrière-pays se prête à l'équitation et aux sorties en 4×4 dans les plantations de cacao et de noix de coco. À l'intérieur des terres, en direction d'El Seibo, la cascade Salto La Jalda, la plus haute des Caraïbes avec ses 120 mètres, se mérite après plusieurs heures de marche ou de cheval — une vraie randonnée, pas une promenade. La baie de Miches sert aussi de terrain aux sorties de pêche avec les pêcheurs du village, à négocier directement sur le port.
Enfin, la baie de Samaná accueille les baleines à bosse entre le 15 janvier et le 25 mars. Les sorties d'observation des baleines partent officiellement de Samaná, pas de Miches, mais depuis les hôtels d'ici les transferts existent en saison, avec une journée longue à la clé.
Où dormir
L'offre se divise en deux catégories nettement séparées. Sur Playa Esmeralda, deux grands complexes tout compris ouverts depuis 2019 pratiquent des tarifs de 180 à 330 € la nuit pour deux en haute saison, moins en basse saison ; ils fonctionnent en vase clos, avec navettes et excursions organisées.
Dans et autour du bourg, on trouve des maisons d'hôtes, quelques écolodges installés dans les collines et des locations tenues par des propriétaires souvent européens : 40 à 90 € la nuit, parfois moins. C'est là qu'il faut réserver si vous voulez manger dans le village, discuter avec les habitants et partir en excursion avec des guides locaux. Vérifiez systématiquement l'état de la piste d'accès : plusieurs adresses des hauteurs ne sont atteignables qu'en véhicule surélevé, surtout après la pluie.
Comment s'y rendre
L'aéroport le plus proche est Punta Cana (PUJ) : comptez 1 h à 1 h 15 de route par l'axe qui remonte depuis Uvero Alto, un tracé récent et globalement bon. Depuis Higüey, l'accès par El Seibo prend environ 1 h 30 sur une route plus étroite. Depuis Saint-Domingue, il faut passer par Hato Mayor et compter à peu près 3 heures.
Vers le nord-ouest, Sabana de la Mar est à une heure de route côtière ; de là, le ferry pour Samaná traverse la baie en 45 minutes à 1 heure pour 400 à 600 DOP par personne. C'est le raccourci qui évite le grand contournement par Nagua et qui rend l'itinéraire est – Samaná réellement intéressant.
Sans voiture, les guaguas relient Miches à Higüey, El Seibo et Sabana de la Mar pour 100 à 200 DOP, mais les fréquences sont faibles et les derniers départs tombent en milieu d'après-midi. Sur place, le motoconcho est le seul transport, 50 à 150 DOP la course. Pour rayonner vers les plages et Montaña Redonda, une voiture de location reste la solution la plus souple, à 45 à 70 US$ par jour en 2026.
Ce qu'il faut savoir avant de réserver
Miches est un village, pas une station : une rue principale, des colmados, deux ou trois restaurants simples, aucune promenade piétonne, aucun distributeur fiable en permanence. Prévoyez des espèces en pesos, retirées à Higüey ou à Punta Cana, et lisez notre page argent et paiements avant de partir.
Les routes secondaires, notamment celles qui desservent Playa Limón et les hauteurs, sont en terre ou en très mauvais état ; après une averse, elles deviennent difficiles sans 4×4. Conduire de nuit dans le secteur est à éviter : pas d'éclairage, animaux sur la chaussée, motos sans feux, comme le détaille notre page conduire en République dominicaine.
Côté mer, la baignade demande de la prudence. Playa Limón n'est pas surveillée et connaît des courants de retour ; les plages ouvertes de la côte reçoivent aussi des sargasses selon les années, principalement entre mars et août. Les vendeurs de plage sont rares, ce qui est appréciable, mais l'absence de secours est un vrai sujet.
Enfin, la question de fond : le développement touristique de Miches est récent et rapide, avec des projets immobiliers annoncés le long de la baie. Ce que l'on vient chercher ici — le calme, les plages vides, l'agriculture — ne sera pas nécessairement là dans dix ans. Ceux qui veulent voir cette côte avant transformation ont intérêt à ne pas trop attendre ; ceux qui veulent tout le confort d'une station attendront, justement.
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